Il y a quelques jours à Marseille, on a assisté à une altercation dans la rue : deux conducteurs très énervés, qui n’étaient pas d’accord sur ce qui s’était passé. On a tout de suite pensé à vous, et on s’est dit : "il faut qu’on en fasse un épisode".
Alors, est-ce que la “road rage” existe en France ? Est-ce qu’on s’énerve facilement au volant ? Et qu’est-ce qui nous agace le plus sur la route ?
Un épisode agréable à suivre et qui va te permettre de mieux comprendre le quotidien des Français.
Violaine : [00:00:00] Bonjour tout le monde! Bienvenue dans un nouvel épisode de podcast. On est très contents de vous retrouver pour une nouvelle semaine. Ça y est, maintenant vous nous voyez et vous nous écoutez aussi toutes les semaines. Donc, ben nous, on est contents et on espère, évidemment, que c'est réciproque. Salut Nathan!
Nathan : Bonjour! Bonsoir! Je vais dire bonsoir, parce qu'il est 18 heures quand on enregistre l'épisode et il fait encore, il fait encore jour. Mais on peut le dire, Violaine, 18 heures, à partir de 18 heures moi, je dis bonsoir. Voilà, donc, bon... Comment ça va?
Violaine : Ben écoute, ça va très, très bien. D'autant plus qu'on est passés à l'heure d'été, là, (il) y a quelques, quelques jours, quelques semaines. Donc, c'est bon là. C'est le début du, du bonheur ou en tout cas du... de la nuit qui tombe tard.
Nathan : Très tard.
Violaine : Mais, mais écoute, ça va. Là, je rentre de 2 heures de conduite avec (D'accord), avec l'autoécole, avec mon prof, mon mono d'autoécole. Donc...
Nathan : Ton moniteur (Hum hum), ouais. Et donc, est-ce que ça se passe bien?
Violaine : Ben écoute, ça se passe bien. Je, je l'adore! J'ose espérer qu'il va me débloquer un peu, tu vois, avec la conduite. Parce que je suis quand même un peu stressée, on peut le dire.
Nathan : Ah ouais, t'es, t'es bloquée? T'es stressée quand tu conduis?
Violaine : [00:00:00] Bonjour tout le monde! Bienvenue dans un nouvel épisode de podcast. On est très contents de vous retrouver pour une nouvelle semaine. Ça y est, maintenant vous nous voyez et vous nous écoutez aussi toutes les semaines. Donc, ben nous, on est contents et on espère, évidemment, que c'est réciproque. Salut Nathan!
Nathan : Bonjour! Bonsoir! Je vais dire bonsoir, parce qu'il est 18 heures quand on enregistre l'épisode et il fait encore, il fait encore jour. Mais on peut le dire, Violaine, 18 heures, à partir de 18 heures moi, je dis bonsoir. Voilà, donc, bon... Comment ça va?
Violaine : Ben écoute, ça va très, très bien. D'autant plus qu'on est passés à l'heure d'été, là, (il) y a quelques, quelques jours, quelques semaines. Donc, c'est bon là. C'est le début du, du bonheur ou en tout cas du... de la nuit qui tombe tard.
Nathan : Très tard.
Violaine : Mais, mais écoute, ça va. Là, je rentre de 2 heures de conduite avec (D'accord), avec l'autoécole, avec mon prof, mon mono d'autoécole. Donc...
Nathan : Ton moniteur (Hum hum), ouais. Et donc, est-ce que ça se passe bien?
Violaine : Ben écoute, ça se passe bien. Je, je l'adore! J'ose espérer qu'il va me débloquer un peu, tu vois, avec la conduite. Parce que je suis quand même un peu stressée, on peut le dire.
Nathan : Ah ouais, t'es, t'es bloquée? T'es stressée quand tu conduis?
Violaine : Ouais.
Nathan : Qu'est-ce qui te gêne? Qu'est-ce qui te dérange? Qu'est-ce qui te bloque?
Violaine : Tout! Tout (Ok)! Euh les gens, la vitesse, le, les piétons, le fait de (ne) pas voir un cycliste ou un piéton. Enfin, bref... tout en fait!
Nathan : Ouais, surtout en centre-ville ou dans une grande ville comme Marseille, où tu, où tu apprends à conduire. C'est vrai que c'est pas facile. Mais c'est une bonne école de, de conduite, c'est une bonne école de la vie aussi, Marseille.
Violaine : Ben se... selon mon prof, c'est la meilleure ville pour apprendre à conduire et ensuite conduire dans le monde entier. Euh voilà.
Nathan : Ouais, je suis assez d'accord. Moi, qui conduis à Marseille, c'est vrai que tu, tu le sais, c'est pas facile tous les jours. Mais, mais si tu sais conduire ici, c'est vrai que tu sais, je pense, conduire partout. Mais je ne sais pas, en fait, parce que, on n'a pas visité le monde entier. (Il) y a peut-être des villes qui sont encore plus compliquées pour conduire. Mais bon, ça, je (ne) sais pas. Donc t'apprends à, à conduire! Ça, c'est cool. T'as fait, t'as fait combien d'heures?
Violaine : Là, c'est ma sixième heure avec ce prof. J'avais déjà appris à conduire, (il) y a 1 an et demi, en boîte manuelle. Donc avec... quand on passe les vitesses.
Nathan : Ouais.
Violaine : Voilà, j'ai abdiqué hein. Je, je passe en boîte auto. Je sais que c'est très commun dans certains pays. En France aussi, ça commence à, à bien se, à bien se développer. Euh donc...
Nathan : Je (ne) savais même pas qu'on pouvait, tu vois, apprendre à, à conduire sur une boîte automatique.
Violaine : Ben toi, à ton époque, non.
Nathan : Non. À mon époque!
Violaine : (En)fin, non, écoute. Toi... moi, je passe le permis tard et toi tu passes le permis, (en)fin t'as p... t'as passé le permis quand t'avais 18 ans!
Nathan : Ouais, quand j'avais 20 ans (Ok). J'ai [00:03:00] appris à, à Bordeaux, (il) y a plus de 10 ans. Mais il n'en était même pas question de pouvoir, ou pas, poser... euh passer le, le, le permis sur une boîte manu... automatique.
Donc c'était manuel. Mais j'adore, j'adore conduire! Donc ça (ne) me pose pas de problème. Bref, petite intro assez longue! Tout ça pour vous dire qu'on va parler de, aussi de... on en a profité! On a profité, on s'est dit... tiens, Violaine, tu passes le, le permis, on va parler un peu de, de ça. Mais plutôt on va se, se concentrer et parler d'un, d'un truc un peu particulier qu'on, qu'on relève, qu'on constate, que toi peut-être tu as aussi constaté, là, aujourd'hui quand, quand t'as conduit, quand tu as conduit.
Violaine : Non, je dois te dire que non (Non). Parce que vous savez, en France, quand... (en)fin ça doit être partout pareil. Quand on conduit avec l'autoécole, on a la voiture et on a une petite, une petite pancarte sur la voiture, avec écrit autoécole. Je sens bien que les gens se calment avec moi et qu'ils (ne) me klaxonnent pas à fond et tout, parce que, ils voient que j'apprends, je suis novice!
Nathan : Bon, en tout cas, on va parler d'un, d'un phénomène. En français, on va parler de... peut-être de colère au volant. Colère en voiture, de rage aussi, la rage, les gens qui sont très, très, très en colère quand ils conduisent.
Eh ben oui! Parce que, en France aussi, comme dans peut-être partout dans, dans le monde, les gens sont vénères, s'énervent, sont énervés quand ils conduisent. Et on le constate, on le constate tous les jours. Et puis on en fait partie, on en fait partie, j'en fais partie. On va, on va en parler, peut-être. Mais en tout cas, on va parler de ça, de cette colère au, au volant, comme on dit. Parce que euh vous savez, ce qui permet de tourner à droite ou, ou à gauche, c'est un volant.
Violaine : Et (il) y a quand même un événement qui nous a donné envie de parler de ça. Alors, le fait que je conduis, (en)fin que j'apprends à conduire. Je me visualise déjà, c'est pas mal! Euh le fait que j'apprends à conduire et une altercation à laquelle on a assisté dans la rue l'autre jour. Et quand on a assisté à ça, on a dit: "Ouais, on fait le sujet!"
Nathan : (Tu te rappelles?) Quand? C'était quand?
Violaine : (Il) y a... je (ne) sais pas. (Il) y a une semaine.
Nathan : Non.
Violaine : Non?
Nathan : Laquelle? Vas-y.
Violaine : Euh on... t'es tellement habitué. Mais on sortait, on montait une rue, donc nous on était sur le trottoir et (il) y avait une voie de voiture. Et (il) y a un homme, qui était derrière un autre homme, à une intersection, donc devant un feu de signalisation...
Nathan : Un feu.
Violaine : Et voilà. Et il lui disait: "Oh, accélère! Tu vas trop doucement, machin!" (Ah oui, oui, oui) Et (il) y a même le, le laveur de vitres (Bien sûr), une personne qui se met vers le feu pour laver les vitres contre quelques pièces, les parebrises plutôt (Ouais), qui s'en est mêlé. Tu te rappelles ou pas?
Nathan : Je m'en rappelle très, très bien. C'est vrai que le mec au volant était hyper énervé, très agressif aussi. Il s'est énervé contre, ouais, la voiture juste devant, qui, je crois, zigzaguait, faisait comme des, des zigzags, ne savait pas trop où il allait. Et en fait, la personne derrière, l'homme en question là, dont, dont tu parles, s'est mis à klaxonner, c'est ça? À utiliser son [00:06:00] klaxon, (Il y a) son klaxon, on dit les, on dit les 2.
Violaine : (Il) y a eu des petites insultes qui ont fusé, en tout cas, moi, j'en ai entendu. Et en fait le, la personne qui était devant, donc qui se faisait insulter, est sortie de sa voiture et (Ah ouais) est allée confronter l'homme derrière et...
Nathan : Non, mais. Donc, ouais...
Violaine : Ça a été après... après, le feu est passé vert, il est remonté dans sa voiture et (Non, mais ça a duré un peu), et il est reparti. Mais, en vrai, ça a duré. Et pareil, j'ai vu une vidéo sur les réseaux sociaux, je crois que c'était à Marseille, pas très loin de chez nous en plus. Et euh quelqu'un qui... un cycliste ou un motard, qui était en colère contre un, un mec en voiture. Et il avait une chaîne, tu sais de, de moto, je pense, pour attacher sa moto. Et il se, il se baladait comme ça avec sa chaîne et il voulait frapper le, (Il se baladait?) la voiture.
Nathan : Ah oui (Ouais, tu vois). Il est allé le (Il voulait le, ouais) euh le, le confronter. Et c'est souvent, ils se provoquent comme ça, ça va rarement, même si malheureusement ça, ça arrive à l'acte. Mais (il) y a rarement un passage à, à l'acte. C'est beaucoup de provocs, comme ça, de provocations, de menaces aussi. On sort de la voiture, on est en colère et on va se, on va un peu s'insulter, s'agresser verbalement, se confronter.
Tu sais, ils tapent à la, à la vitre et ils veulent que l'autre descende la vitre, puis là, ils s'insultent, ils se balancent des, des noms d'oiseaux, comme on dit des, des petites insultes. On va, on va passer ça. Mais c'est vrai que là, la semaine dernière, je crois que c'était la semaine dernière, quand on a vu ça. Waouh, c'était une scène! Moi, je me suis arrêté dans la rue, j'ai tout de suite assisté à la scène.
Violaine : Petit concierge (Et, et), t'as regardé.
Nathan : Ouais et le laveur de, le fameux laveur de, de parebrises là, dans la rue, euh il s'en est mêlé aussi. Il a commencé à échanger, dire: "Mais pourquoi, pourquoi tu klaxonnes? Pourquoi tu t'énerves? Ça va, passe à autre chose." Et ça a bloqué un peu toute la rue et les gens klaxonnaient derrière aussi pour que tout le monde avance. Mais ça, c'est un truc qu'on voit tout le temps, c'est vrai, Violaine. Et donc on s'est dit: "On va, on va en parler."
Violaine : Ben déjà, ton père qui est venu nous voir à Marseille, euh même si j'aime pas trop entretenir le cliché sur Marseille, où les gens sont un peu des fous du volant. Il est arrivé à Marseille et une des premières choses qu'il a dite c'est: "Oh là là, les gens, ils sont tendus ici, ils sont stressés." Ils sont tendus dans la conduite, ça veut dire qu'ils sont... une petite conduite sportive quoi, dans la, dans la vitesse, dans la relation aussi. Voilà.
Nathan : C'est vrai. C'est vrai que mon père, qui vient d'une petite ville plus tranquille à l'ouest de la France, il a vu une, une sacrée différence, une sacrée différence. Bon là, à Marseille, c'est une très grande ville. Mais c'est vrai que, ben ce qu'il est... ce qu'il, ce qu'il remarque et moi, en tout cas, ce que je remarque c'est que je trouve que, ici, mais comme un peu à Paris, à Bordeaux aussi.
Bordeaux a une réputation comme ça de, de, d'être, d'avoir des conducteurs un peu chauds hein, un peu ag... agressifs au, au volant, qui roulent même vite hein, c'est ça aussi. Je pense que ça inclut la, la colère au volant, c'est des gens qui sont nerveux et qui vont d'un seul coup faire des accélérations, faire des pics et rouler plus vite que, que les autres. Et moi, à Marseille, ce que je remarque, c'est que ben les gens aussi klaxonnent pas mal, pour rien, [00:09:00] c'est-à-dire qu'il (n')y pas pas de danger (Mais). Euh voilà, ils... qu'est-ce qu'ils font? Qu'est-ce qu'ils font d'autre?
Violaine : Non, mais attends, attends! Parlons de nous (Ouais), parce que là on, on donne...
Nathan : Je suis marseillais, donc je dis les marseillais, mais...
Violaine : Tu es marseillais. Mais est-ce que nous... est-ce que toi, tu es déjà sorti d'une voiture pour aller confronter une autre personne? Et toi, c'est où le plus loin que t'es allé dans la road rage, dans la colère du, du volant?
Nathan : Ben moi, je, je (Confie-toi), je pense que je fais partie, j'ai vu un, une statistique des 88 ou 90 % des Français qui se sont ou se... qui s'énervent de temps en temps au volant. Mais (il) y a une, un degré, une, une nuance dans, dans tout ça. Mais moi, en vrai, jamais je vais sortir, jamais... ça ne prend pas des proportions immenses! Mais par contre, (il) y a des petits trucs qui m'énervent, qui m'agacent.
Et donc je peux aussi euh gueuler contre quelqu'un qui va mal conduire. Moi, je, je m'en prends ou ce qui m'énerve, c'est quand je trouve que les gens conduisent mal. Après, où est la, la définition de qui conduit mal ou pas? Mais moi, c'est plutôt quand quelqu'un ne respecte pas euh le code de la route, comme on dit. Et mais, des petits détails. Par exemple, quelqu'un, mais je sais que plein de gens le font donc. Mais un truc qui m'énerve, c'est quand on oublie de mettre le clignotant, pour tourner à gauche, ou pour tourner à droite. Et ça, quand on va en France, ben je trouve que les gens ont oublié de le mettre et (ne) le mettent jamais pour prendre un virage, pour sortir à une, n'importe où hein, prendre la rue à droite, prendre la rue à gauche, prendre la première sortie d'autoroute. Et ça m'agace, parce que c'est juste un petit geste avec le doigt, tu sais, à côté du volant, voilà, c'est tout bête. Et ça, c'est un peu de... ça peut être dangereux. Mais en fait, c'est même pas trop dangereux, mais ça m'agace. C'est un truc qui me tend! Et toi?
Violaine : Ouais c'est... ben, non mais alors attends...
Nathan : Toi tu con... toi (Ouais), t'as pas le permis, mais...
Violaine : Moi je suis un...
Nathan : T'es passagère.
Violaine : Un baby conducteur. Donc moi, je, je suis plus dans la position de la personne qui peut énerver les autres. Parce que, parfois, je vais trop doucement. Parce que, quand je conduis! Parce...
Nathan : Oui, mais quand tu (ne) conduis pas, par exemple, qu'est-ce qui peut t'énerver quand tu vois les gens conduire?
Violaine : Moi, ce qui m'énerve, c'est quand (il) y a une autre voiture qui nous colle au cul, comme on dit euh en... de manière très familière. Donc une voiture qui nous, qui nous colle, tu sais, pour nous foutre la pre... la pression pour que t'accélères, par exemple. Là, ça peut m'énerver et je peux un peu, un peu partir, tu vois? (Ouais) Je peux un peu... mais jamais dans la confrontation directe, mais je peux faire une petite insulte, un petit geste et puis, puis voilà!
Nathan : Et (il) y a un truc aussi qui me, m'agace, qui m'énerve. C'est je (ne) comprends pas les gens qui klaxonnent tout le temps dans le centre-ville. Parce que moi, j'habite à Marseille, dans, dans le centre-ville et euh, et en fait, (il) y a beaucoup de voitures, (Il) y a des gens qui y habitent, (il) y a des résidents, (il) y a des gens qui dorment.
Et les gens qui vont klaxonner à 7 heures du matin, à 6 heures et demie du matin, alors qu'il n'y a pas de danger. Parce que le klaxon, en France en tout cas, dans le code de la route, tu le sais, on peut l'utiliser, on doit l'utiliser uniquement s'(il) y a un [00:12:00] danger, je crois. Donc bon (Ouais), si c'est juste parce que, (il) y a quelqu'un qui n'avance pas euh devant toi, parce que le feu vient de passer au vert et qu'il est un peu lent... eh ça va, t'as pas besoin de klaxonner, ça fait un, un bruit pas possible hein. C'est... moi, je trouve ça insupportable.
Violaine : Moi, la seule f...
Nathan : C'est excessif?
Violaine : Ouais, ben comme toujours, mais bon...
Nathan : J'ai, j'ai l'impression (C'est pas grave) de conduire, tu vois je, je m'énerve.
Violaine : Mais moi, la seule fois où je me suis, où je me suis engueulée avec quelqu'un, c'était avec un... ça, c'est un vrai, vrai sujet. C'était avec... moi, j'étais à vélo à Lyon, j'avais pris un vélo de la ville en libre service euh et, et j'étais sur une piste cyclable. Et je (ne) sais plus ce qui s'était passé, je vous jure, je crois que je n'étais pas en tort. Et là, j'ai cru que le mec allait sortir de sa voiture et euh genre me taper, tu vois? Et donc, ben je suis partie en fff... comme ça, je suis partie. Et lui, en fait pour lui le feu était rouge, donc il pouvait pas me, me courser. Et après j'é... je me rappelle encore, j'é... j'étais sur les quais, à Lyon, donc au bord de, de la Saône, ou du Rhône (Ouais), je sais plus. Et...
Nathan : (Il) y a les deux fleuves qui passent, donc l'un des deux.
Violaine : L'un des deux. Et je me rappelle, j'ai tourné dans une toute petite rue, tellement ça m'avait fait peur. Mais c'est vrai que c'est un vrai sujet ça, le, le côté euh les, les, les voitures qui se vénèrent, qui s'énervent contre les, contre les vélos, ça, c'est un gros truc en France, euh non?
Nathan : Oui, oui. Et c'est pour ça qu'on en parle. C'est que, en fait, (il) y a de plus en plus de, de gens qui s'énervent, qui passent à l'acte dans le sens où ils vont vraiment être agressifs et agresser l'autre. Tabasser, frapper, taper euh et voire même tuer.
Parce que là, (il) y a eu un cas, je me souviens, c'était (il) y a, je crois, plus d'un an maintenant. C'était à Paris et on en a beaucoup parlé parce que, parce que, (il) y a une vraie tension entre les, les, les vélos notamment. C'est souvent ça, les piétons, les vélos et les voitures, les grosses voitures, les SUV.
Et (il) y a eu un cas horrible d'un, d'un jeune, tu te souviens, Violaine, qui, qui s'est fait rouler dessus, alors qu'il était à, à vélo. Il s'est fait rouler dessus par un, un mec complètement fou et qui l'a écrasé en plein centre de Paris. Je (ne) sais plus où c'était. (Il est mort hein?) Ouais, il est mort, il l'a écrasé. Un jeune qui était à vélo. Parce que, pourquoi? Parce qu'ils étaient... je sais plus pourquoi.
Violaine : Je (ne) sais plus pourquoi. Moi, je pensais pas à ça. Je pensais à un autre, un autre événement. Mais, (en)fin, pourquoi? Soit parce que, il estimait que le cycliste était pas euh assez serré sur sa voie. (En)fin, de toute façon, (il n')y a pas de raison légitime, tu vois? Mais...
Nathan : Je crois que...
Violaine : Mais je crois que c'était un, un, vraiment un, un détail.
Nathan : Mais c'est toujours un, un détail, c'était ça.
Violaine : Mais, mais (il) y a eu un autre truc près de chez toi. (Ah ouais) Vers Saintes, donc pas très loin de La Rochelle. Les détails... c'est un camion à... j'ai noté, un camion... un chauffeur de camion en gros, qui a renversé un cycliste et ensuite il l'a passé à tabac. Passer à tabac, ça veut dire qu'il l'a frappé.
Euh, le cycliste n'est pas mort, mais en fait, il a fait ça juste parce qu'il estimait que le cycliste (n')était pas [00:15:00] assez serré sur sa voie, tu vois? Et que, du coup, le camion, il pouvait pas le doubler. Donc, (Ça, ça arrive...) voilà, j'ai envie de vous dire calmez-vous! (Ouais) Je veux dire, c'est pas, c'est pas non plus euh dramatique de pas pouvoir doubler tout de suite un vélo. Mais...
Nathan : Non, mais le, le, le mec à, par contre, à Paris, c'est un vrai phénomène hein (Bien sûr). Parce qu'il a été écrasé, parce que c'est un vélo. Et en fait ça, ça reflète ou c'est... ça symbolise la colère de... et le conflit qui, qu'il existe, en fait, depuis quelques années entre les, tu vois entre les vélos et les, et les voitures.
Et donc ce pauvre jeune homme qui s'est fait écrasé, parce qu'il était, je crois que c'était l'homme qui était mal garé en voiture et qui s'est mis sur la piste cyclable, tu vois? Donc vraiment, il l'a écrasé, il lui a roulé dessus. Il vient, l'homme, le conducteur, il vient d'être mis en examen pour meurtre. Donc vraiment, la justice, pour le moment, (il n')y a pas de condamnation, mais on considère que peut-être, il l'a volontairement tué. Eh ben, quand tu roules sur quelqu'un, que c'est pour le tuer, (en)fin, tu vois? C'est pas juste pour le menacer ou pour lui faire peur.
Donc ça, je trouve ça flippant et c'est vrai que les gens sont... c'est ça, ce que je veux dire Violaine. C'est que, en fait, souvent la, la colère, les petits conflits comme ça, c'est entre les conducteurs, les gens en voiture et les vélos, les piétons aussi, les trottinettes maintenant. (Il) y a beaucoup de tension, en fait, c'est aussi... avec tout ça.
Violaine : Ouais et puis c'est vrai que, on en... on aime, les cyclistes, presque on aime les détester, tu vois, dans les, dans les grandes villes.
Nathan : Quand t'es conducteur et inversement.
Violaine : (En)fin moi, moi non. Mais par exemple, (il) y a un podcast que j'écoute où c'est des, des filles, des copines, tu vois, qui se racontent leur vie. Et genre le, le running gag, la blague qu'elles se font à chaque fois, c'est qu'elles sont énervées contre les cyclistes, alors qu'elles sont piétonnes, tu vois?
Et pareil, je pense à des vidéos qui ont fait le tour des réseaux sociaux en France, mais peut-être même ailleurs, dans d'autres pays francophones, où c'est un... c'est pas vraiment un humoriste, mais c'est un, ouais un humoriste, qui se met dans la peau d'un cycliste et qui insulte tout le monde, dès qu'ils (ne) le laissent pas passer. Tu sais, ça a fait le tour des réseaux, ça.
Nathan : Ah oui, bien sûr. (Ça a fait des millions de vues) Oui, oui, c'est vrai. Il est cycliste et il râle parce que, ben ouais, c'est à Paris. C'est parce que la piste cyclable, (il) y a des voitures qui se garent mal, des camions qui la traversent sans regarder. Et donc, ouais, ça fait rire, parce que, (il) y a des gens qui, qui se filment en train de faire du vélo, pour ensuite démontrer que les conducteurs ne respectent pas le, la loi ou le code de la route.
Mais honnêtement, honnêtement, moi, je vais te donner mon avis, mais... moi, je, je conduis, mais je fais aussi du vélo, je suis piéton. Je (ne) fais pas de trottinette mais, mais je fais les trois autres. Et en fait, tout le monde, (en)fin tout le monde enfreint la, la loi. Personne, ou personne ne respecte vraiment (Oui).
(Il) y a plein de voitures qui font n'importe quoi, évidemment. Tout le temps, tous les jours, je le vois et ça m'agace. Mais je vois aussi plein de vélos qui vont, par exemple, tous les vélos vont, ne vont jamais respecter, alors que c'est le même (Le feu) code de la route. Le feu rouge, ils, ils vont le passer, alors qu'il y a des piétons qui marchent, ils [00:18:00] vont les slalomer, passer en travers. C'est agaçant. Et, et voilà. Et donc moi, des fois, je m'énerve contre les vélos, quand je suis en voiture. Mais quand je suis à vélo, je m'énerve contre les voitures. (En)fin, c'est...
Violaine : Ben moi, ma, ma spécialité c'est quand le, le cycliste passe au rouge, alors que moi j'attends au passage piéton. Je, je lui cris dessus, je fais: "C'est vert hein, en fait, pour moi. Donc c'est rouge pour toi!" (Ouais) Très courageuse, mais, mais, non mais...
Nathan : Mais non, mais (il) y a plein de gens qui... je pense qu'(il) y a plein de gens, même à vélo, qui, qui ne savent même pas qu'ils doivent respecter. Ils te regardent et ils ne disent rien. Ils (ne) savent même pas qu'ils doivent respecter le code de la route, tu vois?
Violaine : Mais après, c'est vrai que nous, là, on parle pour nous avec nos standards français. Mais on a habité et on a... toi t'as conduit dans d'autres pays (Ouais). Est-ce que tu penses que... je te pose la question à toi, parce que moi j'ai pas trop le, le, la réponse, comme j'ai pas conduit. Mais est-ce que, par exemple, dans d'autres pays où on a été, (il) y avait plus de colère au volant, tu vois?
Par exemple, quand on était en Espagne, j'ai l'impression que c'était un peu plus tranquille (Ah ouais), après (Plus zen, plus zen) c'est vrai que les, les villes sont un peu designées, ou en tout cas pensées pour les voitures. Mais (il) y a eu la Roumanie aussi. Ah ben (Alors) la Roumanie, par contre, vous êtes piéton, vous êtes le roi hein. C'est-à-dire que, en Roumanie, quand moi, je traversais au passage piéton et qu'(il n')y avait pas de feu et qu'(il) y avait des voitures qui arrivaient, toutes les voitures pilaient, donc s'arrêtaient brusquement, parce que je crois que si elles ne le faisaient pas, je pouvais genre les prendre en photo et les dénoncer.
Nathan : C'est ce qu'on m'avait dit, c'est que...
Violaine : C'est ça hein, c'est une légende, peut-être?
Nathan : Je, je (ne) sais pas. Si vous êtes roumains, si vous connaissez la Roumanie, vous pouvez nous le, le, le confirmer ou pas. Mais, mais on m'avait dit ça. C'est que les gens, c'est ça qui était un peu paradoxal, c'est qu'en Roumanie, (il) y a aussi un taux d'accidents. (Il) y a énormément d'accidents en Roumanie, beaucoup de morts. Malheureusement, c'est l'un des pays où il y a le plus de morts, je crois, en Europe, sur la route.
Et je voyais quand je conduisais sur la route que, par exemple, beaucoup de gens doublaient, donc doublaient les autres voitures dans un virage, alors qu'il y avait une, une ligne continue. Donc normalement, ben t'as p... t'as pas le droit, c'est, c'est interdit. Et, mais par contre, tu l'as dit, si tu traverses à pied, t'avais le... tout le monde te laissait passer. Euh ici c'est, c'est pas comme ça en, en France.
Et en, en Colombie, je me rappelle, par contre, de la Colombie où on a vécu. Là, c'était totalement l'inverse, quand le piéton, tu sais, quand on traversait à pied euh certains passages piétons, t'avais notamment les, je me rappelle les voitures, les, les, les taxis, les taxis qui essayaient, quand on traversait le passage piéton, tu vois, qui essayaient de passer devant nous pour vite nous devancer, pour passer devant, pour pas perdre de temps et pour pas s'arrêter. Donc chaque... c'est trop drôle, parce que chaque pays a sa propre...
Violaine : Ouais, mais on n'a pas eu trop de, de conflits, (en)fin de confrontations (Ah non) directes en mode rage, tu vois?
Nathan : Non, mais bon (Euh mais bon). En France, parce qu'on vit aussi en France on... tous les jours, on peut conduire. Et puis moi, je (ne) conduisais pas, je conduisais pas en R... en Roumanie et en Colombie. Donc, donc ça, je sais pas, c'est intéressant [00:21:00] peut-être. Dites-nous, vous aussi dans, dans vos pays, comment, comment on conduit? Comment ça se passe? Est-ce que, on s'énerve?
Je sais que, je crois que ce phénomène, euh en anglais, on utilise én... énormément ce, ce terme. Ça vient aussi des États-Unis. C'est un truc qui s'est aussi développé ces dernières années, je crois, aux, aux États-Unis.
Violaine : Et je sais que dans certains pays, notamment, j'ai l'exemple de la Corée du Sud, mais je (ne) sais pas s'(il) y a d'autres pays. Ils ont, tu sais, sur les voitures, des dashcam. (Ah oui) Tu sais? C'est... comment on dit en français? Ben des caméras, (en)fin...
Nathan : Des petites caméras.
Violaine : Des petites caméras et je (ne) sais pas si c'est pas pour prévenir ce genre d'incident. Parce que, en fait, le devant de ta voiture est toujours filmé. Donc peut-être que c'est pour éviter ce genre d'incident ou pour (Je crois que c'est...) pacifier un peu les relations, non?
Nathan : Je, je crois, mais peut-être que je me trompe. Que c'est pour les, les assurances (Ah ok). Et quand (il) y a un accident, bah pour prouver que c'est toi qui as raison et que c'est l'autre qui a tort, tu vois?
Violaine : Ouais, mais du coup t'as peut-être moins envie de faire une dinguerie, d'insulter tout le monde et de te lever et de tabasser la personne devant toi.
Nathan : Non, mais c'est sûr. Après ici, c'est pas (Non, mais bien sûr) tous les quatre matins, comme on dit. C'est pas tous les jours, on ne tabasse pas. Mais par contre, ouais au quotidien, c'est ces petits moments de tension, ça fait partie aussi du truc.
Moi, quand j'étais petit, ma grand mère au volant, je m'en rappelle hein, elle était... elle habitait à Paris, ma grand-mère. Et elle avait un... elle un gros caractère hein toujours et elle pouvait insulter la personne à côté, juste pour un détail. Ça me faisait rire, alors que ma grand-mère ne, n'était pas la meilleure conductrice du monde hein. C'est sûr.
Violaine : Et je... tout à l'heure là, juste avant de, de rendre la voiture avec mon mono, je, je le lance un peu sur le sujet, parce que je savais qu'on allait faire cet épisode.
Nathan : Tu lui poses la question alors.
Violaine : Et je lui fais: "Oh, moi, j'ai un peu peur des gens qui s'énervent contre moi, etc." Et il me dit: "Bah ouais, mais de toute façon..." (En)fin c'est pas non plus la révélation que je vais vous dire, mais il dit: "Oui, mais en fait, les gens, quand ils sont dans... dans des voitures, ils ont l'impression qu'ils (n')ont pas des humains face à eux." Tu vois, qu'ils ont une machine, qu'ils ont un robot presque. Et il dit: "Mais en fait, derrière chaque machine, (il) y a un humain." Et il me disait que lui, évidemment, il s'était déjà emporté. Et, et il me disait: "Moi, la seule chose qui me fait redescendre, c'est si c'est une femme ou une personne âgée."
Quand on dit redescendre, ça veut dire calmer (Ouais), qu'(il) y a quelque chose qui nous calme. Par exemple, on dit... ben par exemple, si on agresse quelqu'un, (en)fin s'(il) y a une petite confrontation, qu'une personne se vénère, on peut dire: "Non, mais redescends!" Redescends, ça veut dire calme-toi. Et, et, et voilà. Mais il m'a dit que, il s'était déjà embrouillé avec des, avec des hommes, je pense, malheureusement. Sans vouloir faire une généralité, que c'est un, un comportement assez masculin.
Nathan : Eh ben, tu fais bien de le dire et tu gé... tu peux généraliser. (Il) y a une, une étude que j'ai notée là, d'un psychologue américain justement, qui a dit (il) y a 3 ou 4 ans que ce sont, à [00:24:00] 90 % des hommes. C'est pas une surprise, mais voilà, c'est... on le voit. C'est souvent des hommes qui, qui s'énervent. 90 % des, des hommes, qui sont majoritairement âgés entre 25 et 44 ans. Donc plutôt des, des jeunes qui vont se vénèrent et s'énerver.
Voilà. Et cette étude très intéressante, très rapidement, et j'ai trouvé ça super intéressant. Elle dit en fait que plus t'es énervé, plus t'es susceptible comme ça d'avoir un comportement déviant, comme on dit, eh ben, moins tu as de réflexes au volant. C'est-à-dire (Bien sûr), plus tu es à même... plus tu es susceptible de, de causer un accident.
Violaine : Mais oui.
Nathan : Donc t'as moins de réflexes. Voilà.
Violaine : Ça (ne) me surprend pas du tout. C'est la même chose, un peu, par exemple quand moi, je panique pendant mon cours (Ouais), ben j'ai beaucoup moins de réflexes. En fait, quand t'as un autre sentiment qui vient te prendre le dessus, ben évidemment que t'es beaucoup moins apte à, à, à conduire (C'est vrai). Je pense, en plus, que cette espèce de colère, cette espèce de tension qui est juste, en fait, un, un, un symptôme de la société. (En)fin, voilà. Le fait que t'es dans une voiture, donc t'as l'impression que t'es pas direct avec une... la personne (Bien sûr). Mais aussi entretenu par tous les clichés sexistes autour de, du, du volant (Ouais). En France, on a une expression, on peut peut-être la dire. Hyper sexiste, ne l'utilisez pas! Qui est: femme au volant, mort au tournant. C'est ringard de fou.
Nathan : C'est très... bah c'est, c'est même très beauf. Mais c'est vrai que c'est culte. Et, et pour se moquer un peu des gens vulgaires, on, on la sort. Mais évidemment, si vous dites ça, vous êtes tout de suite ca... (Mais je p... non, mais je pense...) catalogués comme quelqu'un de sexiste.
Violaine : Mais je pense qu'(il) y a des gens qui le pensent, qui disent (Ah oui): "Oh là là, encore une meuf!" Quand ils voient une femme euh au volant (C'est sûr) et que, ils ont l'impression que, qu'elle (n')a pas le comportement euh adapté, évidemment. (En)fin, et ils ont tort!
Nathan : On conclut?
Violaine : On conclut.
Nathan : Donc, ben donnez-nous votre avis. Moi, j'ai envie de savoir, dans votre pays comment ça se passe? Est-ce que vous, vous vous mettez en colère quand vous, quand vous conduisez? Est-ce que c'est quelque chose de fréquent dans vos pays? Est-ce que les gens sont tendus au volant? Voilà, di... dites-nous.
Violaine : Est-ce que vous êtes un fou du volant ou un as du volant?
Nathan : Un as du volant.
Violaine : C'est-à-dire, un petit champion (Un petit champion), un, un pilote.
Nathan : Est-ce que vous conduisez très bien? Voilà, racontez-nous! Et puis pour les gens qui sont sur Patreon, évidemment, on prolonge la, la conversation. On va encore parler pendant une dizaine de minutes. Donc on se retrouve, ben écoutez, juste après la musique.
Violaine : Et pour les autres, on se dit à la semaine prochaine!
The complete transcript — written by Isabelle,
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👉 Dans la conversation bonus sur Patreon, nous parlons du permis de conduire en France, que Violaine est en train de passer 😊
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