MODE DE VIE · mai 30, 2026 · #95

#95 Notre fascination pour les crimes est-elle stupide ?

Un “fait divers”, c’est une histoire réelle souvent liée à un crime ou une disparition mystérieuse qui passionne beaucoup de monde. Et les Français adorent en parler. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que nous recherchons à travers ces histoires : comprendre la société, ressentir des émotions fortes, ou simplement satisfaire une curiosité un peu malsaine ?

Episode notes

Dans cet épisode, nous discutons de notre fascination pour les faits divers et de ce qu’ils racontent sur nous, sur nos peurs, mais aussi sur la société et la nature humaine. Nous te racontons aussi trois grandes affaires françaises qui ont marqué le pays ces cinquante dernières années, pour des raisons très différentes.

Enfin, Violaine vous recommande plusieurs podcasts à écouter si ce sujet vous intéresse. Comme d’habitude dans cet épisode : beaucoup de vocabulaire utile, d’expressions naturelles et de français parlé du quotidien.

Transcript

Violaine : [00:00:00] (Il) y a quelques semaines, Nathan, on est allés en voiture depuis Marseille jusqu'à Nice. Et à mi-chemin entre Marseille et Nice, qu'est-ce qu'on a vu?

Nathan : On a vu une sortie d'autoroute avec écrit sur le panneau Roquebrune-sur-Argens, qui est une toute petite commune, peut-être même un village, je (ne) sais pas. Mais depuis quelques années, tout le monde connaît au moins ce nom.

Violaine : Exactement. Et on vous dira pourquoi, plus tard dans l'épisode. Salut Nathan!

Nathan : Bah, salut tout le monde! Salut Violaine! Comment vas-tu?

Violaine : Bah, écoute, ça va très, très bien. Évidemment, ça va encore mieux, euh, quand je sais qu'on va parler de ce sujet, parce que c'est un sujet qui me passionne et qui donc me tient à cœur. Donc, je suis très contente de parler du sujet du jour.

Nathan : Et le sujet du jour, c'est les faits divers! C'est un mot que peut-être beaucoup ne comprennent pas ou ne, ne connaissent pas. Et pourtant, nous, en France, on en parle tout le temps des, des faits divers. Ce mot-là est, est très connu, on l'apprend très vite. C'est même 2 mots, faits divers, c'est en 2 mots.

Violaine : C'est un mot, euh, ouais, exactement, qu'on entend au quotidien. Et c'est un mot même qui nous fascine, mais au-delà du mot, tout ce que renferment les faits divers, ça nous fascine. Et aujourd'hui, on a envie de comprendre pourquoi ça nous fascine autant, les faits divers.

Et, euh, je vous rappelle que la transcription détaillée de cet épisode est à retrouver sur Patreon avec plein de choses, des épisodes, euh, plus longs, des... plus d'histoires, plus de français réel, plus de français vivant. Donc, on vous attend et le lien est dans la description.

S3E95 - Notre fascination pour les crimes est-elle stupide ?

Violaine : [00:00:00] (Il) y a quelques semaines, Nathan, on est allés en voiture depuis Marseille jusqu'à Nice. Et à mi-chemin entre Marseille et Nice, qu'est-ce qu'on a vu?

Nathan : On a vu une sortie d'autoroute avec écrit sur le panneau Roquebrune-sur-Argens, qui est une toute petite commune, peut-être même un village, je (ne) sais pas. Mais depuis quelques années, tout le monde connaît au moins ce nom.

Violaine : Exactement. Et on vous dira pourquoi, plus tard dans l'épisode. Salut Nathan!

Nathan : Bah, salut tout le monde! Salut Violaine! Comment vas-tu?

Violaine : Bah, écoute, ça va très, très bien. Évidemment, ça va encore mieux, euh, quand je sais qu'on va parler de ce sujet, parce que c'est un sujet qui me passionne et qui donc me tient à cœur. Donc, je suis très contente de parler du sujet du jour.

Nathan : Et le sujet du jour, c'est les faits divers! C'est un mot que peut-être beaucoup ne comprennent pas ou ne, ne connaissent pas. Et pourtant, nous, en France, on en parle tout le temps des, des faits divers. Ce mot-là est, est très connu, on l'apprend très vite. C'est même 2 mots, faits divers, c'est en 2 mots.

Violaine : C'est un mot, euh, ouais, exactement, qu'on entend au quotidien. Et c'est un mot même qui nous fascine, mais au-delà du mot, tout ce que renferment les faits divers, ça nous fascine. Et aujourd'hui, on a envie de comprendre pourquoi ça nous fascine autant, les faits divers.

Et, euh, je vous rappelle que la transcription détaillée de cet épisode est à retrouver sur Patreon avec plein de choses, des épisodes, euh, plus longs, des... plus d'histoires, plus de français réel, plus de français vivant. Donc, on vous attend et le lien est dans la description.

Nathan : Voilà. Donc, on va voir comment on va appeler après, après l'enregistrement, comment on va appeler cet é... cet épisode, Violaine.

Mais, voilà, ça fait quelque temps qu'on voulait parler des, des faits divers. C'est une passion française, peut-être une passion que connaissent beaucoup de, de gens aussi dans, dans le monde. Mais, avant tout, il faudrait peut-être... C'est très important de, de définir cette notion de faits divers. Qu'est-ce que c'est alors?

Violaine : Exactement, parce que on parle de faits divers depuis une ou 2 minutes, mais certains auditeurs peuvent se demander qu'est-ce que c'est. Euh, bon, un fait divers, c'est un terme à la base qui est quand même journalistique. Ça vient du, du journalisme. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, quand on lit un journal papier en France, (en)fin un journal papier français, dans les rubriques, dans les catégories, (il) y a encore une catégorie faits divers.

Donc, on va le, on va le définir. Moi, j'ai noté une petite définition, euh, qui est la définition du, du dictionnaire, (Ok) je pense. Euh, donc, un fait divers, c'est tous les événements du jour, ça peut être un accident, ça peut être un délit, ça peut être des crimes.

Nathan : Un incendie, par exemple, un accident de la [00:03:00] route, tu as raison.

Violaine : Exactement. Et donc, c'est des événements qui (n')ont aucun lien entre eux, mais qui entrent dans aucune autre catégorie de l'information. Donc, par exemple, l'économie, l'actualité internationale, l'actualité nationale (La politique), etc.

Nathan : Le sport, l'environnement. Comme quand on va, par exemple, sur le site, tu sais, du Monde, du journal Le Monde, lemonde.fr, (il) y a toutes ces rubriques, tu as raison.

Bah, faits divers, c'est tous les à-côtés. Euh, mais on parle, on parle avant tout de ça. C'est vrai que ça, c'est, je pense, la définition un peu classique, traditionnelle, originelle, mais, euh, je crois que depuis quelques années, surtout quand on parle des faits divers, (il) y a les petits et les grands faits divers, comme on dit.

Et quand on parle des faits divers, on parle surtout des crimes, des gros crimes, donc des meurtres, des viols, par exemple, et puis aussi de, de délits, mais des délits qui sont assez importants, quoi.

Violaine : Bah, aujourd'hui, je pense à nos auditeurs ou aux gens qui nous regardent sur YouTube, si ils parlent à un Français, dans la vie normale, et que ce Français ou cette Française évoque un fait divers, je suis sûre à 99 % que ce sera un crime ou un viol, ou en tout cas, quelque chose de, de sordide, de cruel qui, euh, qui intrigue et qui, euh, qui fascine ou qui nous fait peur.

Mais (il) y a vraiment cette relation de fascination. Quand on parle d'un fait divers, on (ne) va pas vous parler forcément d'un accident de la route (Jamais), d'un chien écrasé, non. Ça va être un gros truc, en général, lié à un meurtre, lié à d'autres choses sordides.

Nathan : On parle de, en fait, d'une grande affaire criminelle. C'est vrai que ce terme est important, une affaire criminelle. Et ce qui est marrant, un petit point de, de vocabulaire ou de, de culture, euh, tu sais comment on appelle aussi, euh, cette rubrique des, des faits divers? Dans l'argot, par exemple, surtout dans l'argot, ça vient de l'argot.

Violaine : Oui. Je crois!

Nathan : Vas-y!

Violaine : Je crois qu'on dit que c'est la catégorie des chiens écrasés.

Nathan : C'est ça, la rubrique des chiens écrasés! Avec tout ce côté un peu péjoratif, euh, de l'époque, mais je pense que ça va... que ça a évolué. Ce regard-là a évolué. On va pouvoir en parler. C'est ça qui est aussi intéressant.

Violaine : Donc, aujourd'hui, on va vous parler de pourquoi ça fascine autant les Français, les faits divers. Et évidemment, on va parler de quelques-unes des plus grandes affaires criminelles qui ont marqué les Français, qui marquent encore les Français. Donc, on va, on va y aller.

Et pour commencer, j'ai envie de te demander, évidemment, Nathan, de parler un peu de, de toi, un peu de, de moi. Toi, quel est ton rapport aux faits divers? Est-ce que tu aimes consommer du contenu lié aux faits divers? Est-ce que ça t'intéresse? Ou, au contraire, est-ce que tu, tu méprises et tu trouves que c'est pas intéressant?

Nathan : Bah, moi, je, je pense que c'est très intéressant. Ça va peut-être choquer certaines personnes qui, qui nous écoutent, mais, mais ça m'intéresse, ça me fascine.

Là encore, je fais référence aux grandes affaires criminelles. Pas pour le [00:06:00] côté sordide, pas pour le côté voyeur, pas pour le côté malsain ou crado, comme on dit, c'est-à-dire un peu sale. Bon, euh, les faits en, en eux-mêmes, c'est-à-dire les crimes, les détails, la manière dont ils ont été tués, ça peut in... intéresser, mais ça va être plutôt le... ce qu'il y a après, tu vois?

C'est vraiment le, tout le, tout le contour, on va dire, qui touche, à la société. Par exemple, pour moi, un grand fait divers, une grande affaire criminelle, souvent, derrière tout ça, (il) y a un regard, (il) y a une analyse qui est intéressante et qui va toucher donc la politique, euh, la société, qui va aussi avoir un, un côté même philosophique, psychologique.

Et tout ce côté-là, je trouve que c'est, c'est intéressant et j'irais même plus loin. Je pense que (il) y a presque aussi une dimension gé... géographique ou sociologique. On va pouvoir, donc sociétale aussi, on va pouvoir mieux comprendre la société et des aspects aussi du territoire. On découvre même parfois, quand il y a un crime dans un petit département en France, la géographie.

Violaine : Ouais, et je trouve que aujourd'hui, c'est un petit peu ringard de mépriser les faits divers. En tout cas, en France, je (ne) sais pas si c'est grâce aux médias qui ont offert des nouveaux regards sur les faits divers, mais en fait, je trouve que c'est systématiquement un fait de société, parce que c'est quelqu'un de réel, de lambda presque, qui est derrière un crime ou qui est victime d'un crime, d'un meurtre, etc.

Nathan : Dans ces grandes affaires, voilà, criminelles et médiatiques (Et). Toi, est-ce que, par exemple... je te pose la question et j'ai déjà la réponse. Je sais que, que t'aimes beaucoup ça. Euh, quel est ton, ton rapport, donc? Est-ce que tu regardes beaucoup? Est-ce que tu passes beaucoup de temps devant la télé? Est-ce que t'écoutes des podcasts? Est-ce que t'écoutes la radio pour en savoir plus sur ces histoires-là?

Violaine : Bah, ouais. Moi, je suis extrêmement friande de ça, comme on dit. Je suis cliente, je suis... j'adore ça. Euh, moi, mon rapport, il est quasiment quotidien, je pense. Il est quotidien, en fait. C'est-à-dire que (il) y a pas une journée, je pense, où je ne parle pas de faits divers.

Donc, soit j'écoute des podcasts le matin, quand je me prépare, ou alors le soir quand, euh, je (ne) sais pas, je vais au sport, ou quand je vais courir. J'ai toujours un petit podcast de, de faits divers. (Il) y a des journalistes que j'aime énormément, qui se livrent à cet exercice et moi, j'adore.

Nathan : Quelle émission, par exemple, tu, tu suis en, en France?

Violaine : Tu le sais.

Nathan : Ouais. Alors j'en connais une (Hum) qui est très connue, qui s'appelle Faites Entrer l'Accusé, qu'on peut trouver sur YouTube, par exemple, qui est une émission, comme ça, qui, qui relate, qui, qui raconte, euh, tous les, les grands faits divers en, en France. Mais je crois que t'en, en écoutes d'autres. D'autres podcasts, peut-être, que tu peux recommander?

Violaine : Ouais. Là, je vous recommande des, des petites pépites. Alors une pépite qui n... est très, très connue. Alors, en fait, Faites Entrer l'Accusé a été créé par un journaliste qui s'appelle Christophe Hondelatte et aujourd'hui, il a quitté l'émission, euh, télé, mais il a un podcast qui s'appelle Hondelatte Raconte. Ou 100...

Nathan : Parce qu'il s'appelle Hondelatte. (Oui) C'est ça, hum.

Violaine : Euh, Hondelatte Raconte ou 100 % Hondelatte. Voilà, vous pouvez aller écouter, c'est [00:09:00] très, très fun et beaucoup de gens autour de nous l'é... l'écoutent. Je dis que c'est...

Nathan : Pourquoi c'est fun?

Violaine : Je dis que c'est fun, parce qu'il incarne toujours les, les, les personnages, mais au-d... alors, il...

Nathan : En fait, il fait des, des imitations aussi des, des personnages. Donc il prend la voix, par exemple, d'une personne qui habite à la campagne en France. C'est caricatural (C'est caricatural), bien sûr, mais ça fait, ça fait aussi sourire.

Violaine : Mais il a une, il a une éthique journalistique très forte et donc (il) y a jamais de conneries dans ce qu'il dit, dans les faits qu'il relate. Et ça, c'est très, très important.

Et sinon, un autre podcast que je vous recommande, ça s'appelle Home(icides). Mais en fait, c'est parenthèse home comme maison et ensuite -icide et, euh, qui relate d... des affaires qui se sont passées dans des maisons. Parce que, euh, très souvent, les faits divers sont d'une banalité monstre et commencent dans le quotidien d'une maison, d'un foyer. Donc, (C'est ça) je vous recommande, j'aime beaucoup la, la, la présentatrice, la journaliste qui fait ce podcast.

Nathan : Et pourquoi t'aimes ça, alors? Qu'est-ce qui te plaît dans, dans tout ça?

Violaine : Bah, je, j'essaye de, de savoir pourquoi moi, j'aime ça. Euh, moi, je pense que ça fait partie de la nature humaine, on est tous hyper curieux. Déjà, je pense que (il) y a une espèce de curiosité malsaine, malheureusement.

Mais au-delà de ça, je pense que ce qui fascine, c'est, euh, que le fait divers est réel. C'est-à-dire que c'est arrivé dans la réalité. C'est, c'est vrai, c'est pas une fiction. Et, euh...

Nathan : C'est arrivé près de chez nous aussi, c'est ça le truc, c'est que c'est arrivé près de chez nous. Et en même temps, ça ne nous a pas touchés directement, mais ça aurait pu nous toucher!

Violaine : Exactement. Et, en fait, je pense que le fait divers, un fait divers important en France, il va toujours partir d'un mystère. C'est-à-dire qu'on va retrouver un cadavre ou alors quelqu'un va disparaître et on (ne) sait pas où il est. Et, en fait, la, les médias et les Français vont se prendre de passion, vont être en haleine de savoir: qu'est-ce qui est arrivé à cette personne qui a disparu? Ce cadavre, qui l'a tué?

Et donc, on va être tenu en haleine, c'est-à-dire qu'on va suivre l'affaire avec beaucoup de suspense, etc. Et, euh, et une fois que le mystère est résolu, par exemple, on retrouve la personne disparue, on retrouve un cadavre, etc, on retrouve le meurtrier.

Nathan : Si on le retrouve (Si on le retrouve) dans, dans le cas, où dans les cas où on les retrouve.

Violaine : Bah, on a envie de savoir ses motivations. On a envie de comprendre presque pourquoi il a fait ça, sans excuser, mais on a envie de, de, de comprendre. Et en fait, on veut connaître le fin mot de l'histoire, comme on dit, donc, on veut, je (ne) sais pas, obtenir une, une explication. Et, et voilà, les mystères, c'est, c'est addictif.

Et, et je pense que d'un côté, ça va pas plus loin que ça, pour la première raison, c'est que c'est réel et que c'est arrivé à côté de chez nous, quoi.

Nathan : Voilà. Et ça nous confronte aussi à, à la question du mal, à ce mystère qui est le, le passage à, à l'acte. Comment quelqu'un d'ordinaire, parce que c'est vrai qu'on ne naît pas, c'est ça qui est fou, qui est ouf, c'est qu'on ne naît pas, euh, criminel, on ne naît pas violeur, tu vois?[00:12:00]

On n'a pas envie de tuer toute sa famille à la naissance. Donc, c'est quoi ce cheminement? C'est quoi ce chemin? Quelles sont les, les étapes un peu que nous, on a loupées et qui font qu'on devient comme ça un meurtrier?

Après, quand on analyse un peu et j'ai regardé aussi quelques émissions, on a regardé ensemble des émissions sur des grands criminels, c'est que je trouve qu'(il) y a un point commun quand même à, à tous ces gens-là. C'est... on en revient souvent à l'enfance. Ils ont souvent eu, un peu tous, des enfances fracassées.

Violaine : Ultra malheureuses!

Nathan : Voilà, mais après, c'est la fameuse question. (Il) y a plein de gens qui ont des enfan... qui ont eu des enfances difficiles et qui pourtant ne massacrent pas toute la famille, quoi.

Violaine : Complètement. Et au-delà de... parce que là, tout le monde ne veut... ne fait pas l'effort d'écouter une émission de faits divers et qui va relater l'enfance d'un criminel. Mais, au-delà de ça, je pense que dès qu'(il) y a un meurtre en France, qui prend de passion, euh, les Français, on va tous se demander: "Oh et est-ce que moi, je pourrais le faire?" Tu vois? "Est-ce que moi, j'en serais capable?" Et souvent, tu vois, tu dis: "Bon, est-ce que je suis capable de taper quelqu'un, par exemple, de frapper quelqu'un s'il m'énerve?" Ouais, je pense que on peut, (en)fin, je serais peut-être capable!

Nathan : Est-ce qu'on peut devenir violent? Et...

Violaine : Est-ce q... est-ce que, par exemple, si je... est-ce que je peux étrangler quelqu'un? Est-ce que je peux mettre mes mains autour de son cou, attendre une minute qu'il meure? Là, tu te dis: "Mmh, moi, je (ne) pourrais pas." Donc, qu'est-ce qui s'est passé chez la personne, chez le criminel qui a fait ça pour que, pour qu'il passe à l'acte, comme tu, comme tu dis? Donc, donc voilà.

Moi, je pense que (il) y a ça. Et (il) y a aussi, en fait, ça revient à ce qu'on dit, c'est le, l'ordinaire qui bascule. C'est ça, un fait divers. C'est, t'es dans un petit village tranquille, t'es dans une famille sans histoire et d'un coup, euh, (il) y a quelqu'un qui va zigouiller toute sa famille, tu vois? Et...

Nathan : Zigouiller, ça veut dire... c'est un mot très familier pour dire massacrer. Oui et comment, en fait, les gens, des gens ordinaires peuvent commettre des actes monstrueux? Et tu l'as dit, comment, en fait, ils déraillent. Donc dérailler, vous savez, un train qui déraille, c'est un train qui sort un peu de, de la voie ferrée.

Mais déraille, dérailler, mais on l'utilise aussi pour, pour les personnes. Quand on pète un câble, quand on devient totalement fou ou qu'on est pris comme ça d'une pulsion de, de mort et qu'on se met à, à massacrer toute sa famille, on déraille aussi. Et, et ça va vite. C'est là aussi qui est fascinant. (Et, et) C'est que des gens ordinaires, qui ont une vie en apparence normale, peuvent faire ça.

Violaine : Et d'ailleurs, ce qui est aussi fascinant, c'est que à chaque fois, donc, qu'(il) y a un crime avec un meurtrier identifié qui a avoué, par exemple, qui reconnaît avoir tué telle ou telle personne, souvent, les médias, ils vont dans le voisinage et ils vont dire, ils vont poser des questions aux voisins sur le meurtrier.

Et je vous jure qu'à quasiment 100 %, ah pas 100 %, mais à 90 %, dans 90 % des cas, les voisins vont dire: "Ah, vraiment, on (ne) l'avait pas vu venir." C'est-à-dire qu'on s'y attendait pas. "Parce que vraiment, c'était quelqu'un de super sympa. Il nous disait toujours [00:15:00] bonjour, il nous rendait toujours plein de services." Tu sais, (il) y a toujours ça et nous, on hallucine à chaque fois...

Nathan : Pareil pour les, tu sais, pour les terroristes. On dit: "Oh, c'était quelqu'un de discret, de sympa. Il me disait bonjour quand il sortait les poubelles, il avait des enfants. Vraiment, je n'aurais pas pensé ça." C'est vrai qu'on le voit et c'est ça qui est fascinant!

Moi, ce que j'aime aussi dans les faits divers, c'est que pour moi, je vais aussi comparer ça à presque du football, à du foot. Pour moi, c'est, c'est comme un, un élément de, de culture populaire. C'est-à-dire que tout le monde en parle, tout le monde peut en parler (C'est ça). (Il n')y a pas, en fait, (il n')y a pas d'un côté les gens qui, qui sont au courant, les gens qui savent, les lettrés, puis de l'autre, les ignorants, les gens qui ne savent pas. Non, tout le monde a son mot à dire! Tout le monde peut dire: "Ah oui, je pense que c'est lui qui a tué." "Ah non, je pense qu'il n'a rien fait."

Et, en fait, on va se retrouver comme ça au village, au bistrot, au café et même dans les, les discussions avec les amis ou avec des proches, si on n'a plus rien à dire, si on n'a pas trop de points communs, si on ne sait pas sur quoi on peut partir dans la conversation, eh bien, on va... tiens, on va lancer une conversation sur le dernier grand crime qui s'est passé en France et on va demander l'avis de, des uns et des, et des autres. C'est ça, c'est en ça que je trouve que c'est vraiment un, un truc populaire, en fait.

Violaine : Exactement. Et, et, en fait, moi, je me rends compte que quasiment à chaque personne avec qui je vais parler, il va y avoir une mention tôt ou tard d'un fait divers. Parfois, c'est moi qui lance le sujet. Bon, pas parce, parce que j'adore ça. Parfois, c'est pas moi qui lance le sujet. Donc, c'est vraiment la preuve que tout le monde est, est concerné. Et j'ai...

Nathan : C'est souvent toi, quand même!

Violaine : Pas tout le temps! Mais bon, euh, mais ce que je voulais dire, c'est que si, par exemple, c'est un vrai conseil qu'on peut donner, que toi, t'as un peu donné en, en filigrane, comme on dit. Mais si vous ne savez pas de quoi parler avec un Français, lancez-le sur une affaire criminelle. Je suis sûre que vous allez, euh, faire mouche, comme on dit, c'est-à-dire que vous allez impressionner.

Donc, donc voilà. Les, les faits divers font partie de notre société, de notre culture. Et c'est horrible ce que je vais dire, mais c'est presque quelque chose... c'est presque une des dernières choses qui unit les Français. C'est-à-dire que... Nathan me fait des... me hausse un peu les, les yeux, parce qu'il pense que, que j'exagère. Mais je trouve vraiment que ça réunit tout le monde, un, un fait divers. Donc, donc, voilà.

Nathan : Mais juste, Violaine, j'aimerais dire un mot. Tu parlais tout à l'heure de, de mépris et que ça va mieux. C'est vrai que aujourd'hui, euh, j'ai vu un chiffre passer, je crois qu'(il) y a 65 ou 70 % des gens qui, qui aiment beaucoup et qui s'intéressent aux, aux faits divers. Mais je pense aussi que en apparence comme ça, euh, en société, c'est encore un peu la honte pour certaines personnes d'en, d'en parler. C'est... ou d'aimer ça! (Il) y a une forme de, de mépris. Et le premier truc qu'on peut te dire, si toi, tu parles de, d'un grand criminel, par exemple, d'une grande affaire, on va pouvoir te sortir: "Tu t'intéresses à ça, vraiment?"

Et puis, en fait, après, je, je, je trouve aussi que quand on creuse un peu, les gens, en fait, derrière ça, ils lisent, ils s'informent, ils s'intéressent beaucoup, beaucoup à ça. Et j'ai envie de t... de te dire aussi [00:18:00] que moi, par exemple, j'ai fait du droit et j'ai fait une licence de droit.

Et c'est pas juste de, de la curiosité mal placée, comme on dit. Et c'est que, à travers aussi ces affaires criminelles, quand on suit ça, avec des émissions aussi, qui sont hyper intéressantes comme Faites Entrer l'Accusé, parce que... juste 2 mots sur cette émission, Violaine.

(Il) y a plein de gens, je pense, qui peut-être pensent à des émissions qui vont être glauques, malsaines. On parle juste des, du crime en, en lui-même. Mais non, dans cette émission, (il) y a tout cet aspect psychologique. On peut voir aussi, on peut remarquer parfois les failles qui existent, par exemple, euh, au sein de la police. En France, on a un peu 2 branches, hein, pour ces a... histoires-là, criminelles, pour la justice. Euh, (il) y a, euh, la police et puis la gendarmerie.

Violaine : La gendarmerie qui sont des militaires, en fait (C'est ça). Et, et souvent, (il) y a des embrouilles entre les gendarmes et les poli... les policiers pour mener une enquête. Et, bien souvent, ça va ralentir une enquête ou ça va empêcher, euh, une enquête d'aboutir. Et, et ça, c'est vrai que quand on regarde Faites Entrer l'Accusé, c'est dans beaucoup, beaucoup de, de, de situations.

Nathan : Et on voit aussi les procès. Et ça, c'est passionnant de voir un procès français dans ces émissions. On voit comment ça se déroule, on voit, euh, les parties civiles. On entend aussi les avocats, la manière dont ils parlent, quels sont leurs arguments. Comment, tout simplement, se déroule un procès à la cour d'assises. Donc, c'est le tribunal pour les crimes en France.

Donc, pour moi, s'intéresser à ça, en fait, c'est presque être... enfin, c'est même pas presque, mais c'est de la, c'est de la culture gé... générale. Et c'est une forme d'ouverture, euh, d'esprit! Voilà, je vais un peu loin, mais (Non, mais je) c'est ce que je pense!

Violaine : Non, non. Mais moi, je suis complètement, complètement d'accord! En plus, ça légitime le fait que, que j'adore! Je suis intellectuelle parce que j'aime les, les faits divers, si on suit ton, ton raisonnement. J'apprécie, je prends!

Nathan : Par contre, (il) y a un truc que j'aimais pas, moi, quand je travaillais à la radio, tu sais. C'est que j'étais en locale, dans une radio locale et je devais m'intéresser aux petits faits divers (Hum). Ce dont on parlait tout à l'heure: les accidents, les incendies, les corps repêchés dans le port de La Rochelle. Et là, ça, c'était pas passionnant parce que à 4 heures du matin, je devais appeler la...

Violaine : Oui, on doit appeler les policiers. Hum hum...

Nathan : Voilà, je devais appeler la, la police, pour savoir exactement, euh, les conditions dans lesquelles on avait retrouvé le corps. Je sais que c'était pas passionnant. Ça pouvait être soit un a... un accident, soit un suicide, malheureusement. Et je devais, tu sais, me dépêcher pour faire vite un, un reportage dessus. Et je me disais: "Waouh! Passer du temps dessus, pourquoi?" F... au final, pour, pour une info qui ne va pas trop intéresser, ou en tout cas qui ne va pas apprendre beaucoup de choses aux gens.

Violaine : Mais tu aurais pu tomber sur l'affaire de ta vie, tu vois?

Nathan : Oui!

Violaine : Peut-être!

Nathan : Ou pas! (Mais) C'est, c'est rare quand même, hein, c'est exceptionnel, ces g... ces grandes histoires. On va d'ailleurs en parler (Ouais, on va) de 2 ou 3 affaires criminelles qui sont, qui ont marqué la société française ces 30, 40 dernières années.

Violaine : Juste avant, petite transition. Euh, j'ai un livre devant moi, qui s'appelle Dictionnaire Amoureux des Faits Divers. Déjà, vous comprenez que (il) y a un amour des faits divers dans, dans cet [00:21:00] appartement.

Et, euh, (il) y a des cita... des citations, pardon, qui ouvrent ce, ce livre. Et (il) y en a une que je trouve très bien, qui résume un peu tout ce qu'on a dit. Donc, je vais, je vais vous la lire. "Le goût du fait divers, c'est le désir de voir. Et voir, c'est deviner dans un pli de visage tout un monde semblable au nôtre."

C'est-à-dire que dans un fait divers, on va s'identifier à un moment ou un autre. On va soit s'identifier j'... j'espère qu'on (ne) va pas s'identifier au criminel, mais on peut s'identifier à la victime, à la famille de la victime, à la famille du criminel, aux g... aux policiers même parfois, on peut s'identifier en... donc, vraiment c... un, un fait divers, c'est... ça concerne tout le monde, quoi!

Nathan : Ou... oui et j... justement, j'aimerais enchaîner sur une très grande histoire et t'as raison, Violaine, c'est pour ça. C'est en lien avec l'histoire dont je vais parler au... aujourd'hui ou maintenant, rapidement, on va essayer de résumer ça.

Mais (il) y a une grande histoire criminelle qui nous a tous marqués. On est à Nantes, dans, dans l'ouest de la France. C'est Xavier Dupont de Ligonnès, un père de famille, de bonne famille, comme ça normale. (Bien sous tous rapports) Bien sous tous rapports, qui a des enfants, qui a l'air heureux, qui est religieux, croyant, un catholique pratiquant, bonne famille avec sa femme, etc. Tout va bien, une belle maison, une belle situation à Nantes, dans l'ouest de la France.

(En apparence, en tout cas) En apparence. Et puis, rapidement comme ça, comment... c'est pour ça, c... je trouve que ça fait écho à ce que tu dis. Euh, il a des problèmes, on le sait après, il a des problèmes finalement de, de couple. Il a aussi des dettes. Et au lieu de, tout simplement, divorcer peut-être et reprendre une autre vie, bah, i... il prend la décision, euh, d'aller massacrer toute sa famille avec préméditation. C'est-à-dire, c'est ça le pire, c'est qu'il a prévu de tous les tuer. Et sur plusieurs jours, il a organisé comme ça le, le meurtre de tous ses enfants, euh, le meurtre de sa femme et surtout la cavale, il va prendre la fuite.

Et aujourd'hui, cet homme, on ne sait pas où il est, il a disparu. Et c'est ça qui est intéressant, on s'identifie. C'est-à-dire que moi, par exemple, Xavier Dupont de Ligonnès, je me dis: "Mais tout simplement, pourquoi il n'a pas divorcé ? Pourquoi il n'a pas avoué ses problèmes, euh, à ses proches, peut-être, ses problèmes d'argent?" Ben non, il a pris la fuite et il est parti.

Et cette histoire est fascinante. Elle fascine (C'est) aujourd'hui parce que on ne sait pas où il est et tout le monde a sa petite théorie. "Oh, quelqu'un va, v..." Toi, par exemple, tu peux me dire cette semaine: "Oh moi, je pense qu'il est mort, qu'il s'est suicidé." Et puis une autre fois, peut-être la semaine prochaine, tu vas dire: "Oh non, à mon avis, il est parti aux États-Unis." Parce qu'il avait une fascination pour les États-Unis. Et voilà, je trouve ça assez, assez génial.

Violaine : Je... non, mais moi, je, je pense qu'il est vivant. Donc, j'ai jamais dit qu'il était, qu'il était mort, mais...

Nathan : T'as jamais changé d'avis?

Violaine : Jamais.

Nathan : OK.

Violaine : Je suis persuadée qu'il est vivant. J'espère que, qu'il (ne) va pas regarder ce... ou écouter ce, ce podcast. Mais, euh, en tout cas, non, ce que je voulais dire, Xavier Dupont de Ligonnès, là, on l'a... on résume très grossièrement cette affaire.

Euh, ce qui fascine aussi chez Xavier Dupont de Ligonnès, donc, comme tu dis, il a disparu. Il a disparu à Roquebrune-sur-Argens. [00:24:00] Euh, juste avant de disparaître, il retire de l'argent à un distributeur et il regarde la caméra de vidéosurveillance de ce distributeur. Et les policiers l'ont interprété comme étant un défi.

Il défie presque les policiers en, en regardant cette, cette caméra. C'est quelqu'un de très intelligent, de très calculateur aussi, Xavier Dupont de Ligonnès. C'est pour ça qu'il, qu'il, qu'il fascine, en fait, les, les Français. Autant qu'il les... qu'il nous répugne et qu'il nous scandalise, c'est qu'il a ce côté extrêmement fascinant parce que, s'il est encore vivant et ça fait 15 ans qu'il est, qu'il a disparu et qu'il passe sous les radars, bah, c'est quand même que sa fuite a été savamment organisée et que, que c'est incroyable ce qui se passe!

Nathan : Oui et, et ce qui fascine aussi, c'est qu'en fait, dans son périple, là, de sordide, après avoir tué toute sa famille, après les avoir enterrés dans son jardin. Il avait tout prévu, hein, c'est-à-dire qu'il avait écrit même aux écoles de ses enfants pour annoncer que ils déménageaient, qu'ils partaient loin pour des raisons obscures dans... et on (ne) va pas entrer dans, dans, dans les détails.

Euh, mais ce qui est fascinant, voilà, c'est qu'il a entamé, entrepris un, un périple, un, un voyage. Il a traversé presque la moitié de la France. Donc, il est passé finalement très proche de là où habite la moitié des Français. Il est parti de Nantes, il a pris sa voiture, ensuite, il est... il s'est arrêté une nuit dans un hôtel à, à La Rochelle, ma ville de, de naissance.

Et puis, il a continué tout, tout le sud-ouest pour aller dans le sud-est et disparaître à cet endroit, à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, sur la Côte d'Azur, pas très loin de, de Cannes. Et euh, et voilà. Et, et tout le monde le, le cherche. On va pas entrer dans les détails, mais allez vous... allez peut-être vous, vous renseigner sur, sur cette histoire.

Bon, finalement, ce type d'histoire, je suis sûr que c'est commun et ça arrive aussi chez vous. Mais si vous parlez à un Français de Xavier Dupont de Ligonnès, 100 % des Français connaissent et ont un avis sur cette affaire, je pense.

Violaine : Et je sais que le temps file, qu'on n'a plus beaucoup de temps, mais (il) y a d'autres histoires criminelles qu'on aimerait mentionner. Moi, pour moi, (il) y en a une qui est extrêmement importante, qui est peut-être l'histoire criminelle française par excellence.

C'est celle du petit Grégory. Euh, c'est très long, je (ne) vais pas pouvoir la raconter parce que c'est encore une affaire irrésolue, à l'heure actuelle. Euh, mais, euh, sachez que là, on est plutôt dans les Vosges, donc on est dans le nord-est de la France.

Nathan : Au début des années 80, hein, ça remonte!

Violaine : Exactement. On est, euh, je vérifiais sur mes notes, on est le 16 octobre 1984. Et donc, en fait, ce jour-là, le petit Grégory, qui est un enfant de 4 ans, euh, disparaît. Et il est retrouvé quelques heures plus tard, donc, mort et ligoté dans la rivière, euh, du village. Donc, dans un village des, des Vosges.

Et s'ensuit, en fait, bah, 40 ans de, de mystère. On ne sait toujours pas officiellement qui a [00:27:00] commis, euh, ce crime. Ce qu'on est sûrs, que c'est, que c'est quelqu'un de la famille de Grégory. C'est soit son grand-oncle, soit... (en)fin, c'est quelqu'un de sa, de sa famille. Et ce qui a fasciné les, les Français dans cette, dans cette histoire, c'est la jalousie.

C'est la jalousie qui a poussé à tuer Grégory, parce que (Des proches) ses, ses parents, les parents de Grégory réussissaient tout ce qu'ils en... entreprenaient. Ils avaient une très, très belle maison, ils avaient un enfant qui était, voilà, euh, très mignon, etc. En bonne santé surtout! Et voilà, c'est la jalousie qui a poussé à tuer Grégory.

Euh, (il) y a eu aussi un corbeau. Ça, ça fascine. Un corbeau, c'est quelqu'un qui envoie des lettres anonymes ou qui appelle anonymement au téléphone en disant aux parents: "C'est moi qui ai tué Grégory." Etc, etc.

Nathan : Bon, un vrai corbeau, c'est un oiseau.

Violaine : À la base. Euh, mais, mais voilà. Et, euh, pour moi, le plus fou dans cette affaire, c'est que le père de Grégory, euh, a tué son cousin parce qu'il pensait que c'était son cousin qui avait tué Grégory.

Et donc, en fait, il s'est fait justice lui-même, parce que (il) y a eu beaucoup de manquements de la justice et de la police. Mais pour moi, c'est l'affaire française par excellence.

Nathan : Donc une vraie réflexion, encore une fois, sur la, la psychologie, sur la condition humaine qui est passionnante.

Violaine : Et je vous recommande le documentaire Netflix sur, sur cette affaire.

Nathan : Je suis sûr que pas mal d'é... d'étudiants et d'auditeurs l'ont peut-être déjà vu. C'est vrai qu'il avait fait un peu le, le, pas le tour du monde, mais il avait été vu à, à l'étranger, je sais, ce documentaire, (il) y a quelques années.

Et puis, rapidement, une autre histoire, moi, qui m'a marqué aussi et que tout le monde connaît, parce que en fait, (il) y a aussi, là, la notion de, de mépris social et même de racisme dans cette histoire. Alors là, on est dans les années 90. Tout le monde connaît cette histoire, l'histoire de Omar Raddad, avec une faute de français. Et ça, ça peut vous intéresser.

En fait, tout le monde connaît ce... tu sais, ce mot qui avait été écrit: "Omar m'a tuer." Avec une faute de français. Tuer, ER, alors que c'est un participe passé et que normalement, il faudrait avoir écrit tué, É.

Et donc là, on est sur la Côte d'Azur aussi. On est à côté de Cannes, dans un petit village qui s'appelle Mougins. Je crois que c'est le lieu de décès de Pablo Picasso. C'est là, où le peintre est, est mort. Et là, c'est une femme riche. Donc (il) y a tout d'une grande affaire criminelle. C'est une femme riche qui est retrouvée morte dans sa belle villa, dans sa belle maison.

Et avant de mourir, en fait, elle aurait écrit, je dis bien au conditionnel, elle aurait écrit avec son sang sur une porte, je crois, de la cave de sa maison: "Omar m'a tuer." Donc tuer, ER. Avec cette faute de français. Qui est Omar? Omar, c'est son jardinier. Jardinier qui est marocain, dans une France, dans une partie de la France, où dans les années 90, (il) y a aussi, il faut le dire, du, du mépris social et puis du racisme, hein, les 2.

Et donc Omar, comme (il) y a écrit: "Omar m'a tuer." On se dit: "C'est Omar le criminel, il est accusé, il est condamné." Mais, en fait, (il) y [00:30:00] a plein de, (il) y a plein de doutes su... sur notamment cette faute de français. Parce que cette femme savait écrire. Donc, c'était bizarre qu'elle fasse une faute de, de français.

(Il n')y a pas de, de preuves aussi. (Il) y a un manque de preuves, en tout cas, (il) y a, (il) y a des zones d'ombre. Et donc, finalement, il va être gracié par le président de, de la République de l'époque, Jacques Chirac. I... Il va être libéré. Mais aujourd'hui, il se bat encore, il est vivant, je crois, hein. Il, il se bat pour reconnaître son, son, son innocence.

Et voilà, je trouve que c'est passionnant, parce que comme je t'ai dit, on y voit plein de choses quoi, sur la, sur la société. C'est une belle analyse, une belle critique. On observe la société à travers, encore une fois, ce, ce crime qui était évidemment atroce. Et il est question donc de, de mépris social, de racisme et, et puis aussi des préjugés. Quels sont les préjugés qu'on peut, qu'on peut avoir?

Violaine : Et que les policiers et les enquêteurs peuvent avoir quand ils mènent une enquête. Donc hyper, hyper intéressant. Euh, je pense qu'il est temps pour nous de, de conclure. Alors, on a des petites questions à vous poser, comme toujours.

Déjà, on veut votre, votre opinion. On se... ensuite, on a envie de savoir: est-ce que vous aimez les faits divers? Est-ce que vous considérez aussi qu'on en parle trop dans les médias notamment? Et puis, dans votre pays, euh, les crimes, est-ce que c'est un sujet de discussion important? Dites-nous aussi quelle est l'affaire qui vous a le plus marquée? Nous, on va continuer la conversation sur Patreon.

Nathan : Oui, pour vous raconter une histoire assez incroyable, celle d'un faux médecin qui, euh, et c'est assez incroyable, qui a tué aussi toute sa famille. C'est un faux médecin qui disait travailler pour l'Organisation Mondiale de la Santé. Mais tout ça était, évidemment, totalement faux!

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👉 Dans la conversation bonus réservée aux abonnés sur ⁠⁠Patreon⁠⁠, nous revenons sur une affaire particulièrement fascinante : un homme qui a menti pendant des années en prétendant être médecin à l’Organisation mondiale de la santé… avant de tuer toute sa famille.

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